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Histoire de Saint-Côme

Comité Historique La vue du village de Saint-Côme alors qu'il n'y avait que quelques constructions.

Saint-Côme, paroisse civile

Dans les années 1850, des défricheurs s’étaient hasardés dans le nord du canton de Cathcart. Vers les années 1862-1863, quelques familles courageuses laissèrent la paroisse de Saint-Jacques-de-l’Achigan pour aller rejoindre quelques rares devanciers qui avaient déjà pénétré jusque dans les derniers rangs de Township de Carthcart. Ce fut là le commencement de cette nouvelle colonisation qui porta d’abord le nom de Varenne et devient par la suite une partie de la paroisse de Saint-Côme.

Cette colonisation porta le nom de Varenne parce que la vue des belles forêts et de quelques défrichements donnait l’impression d’avoir trouvé, au milieu du bois, le beau et riche sol de Varenne. Les années qui ont suivi ces heureux commencements ont fait voir qu’on s’était trompé grandement et aussi le beau monde de Varenne est tombé dans l’oubli et a été remplacé par celui de Saint-Côme.

Ces familles qui surent fonder la nouvelle colonisation étaient des rejetons d’Acadiens, d’Irlandais et de Canadiens. Ils avaient, ces hommes francs, le courage et l’énergie de leurs ancêtres.

Il fallait des bras vigoureux et des hommes courageux pour aller s’établir à Beloeil de Varenne dans les montagnes et à une grande distance des derniers établissements. Ces premiers colons attirèrent plusieurs familles dans le nouvel établissement. Les premiers défrichements, comme toujours, furent heureux et donnèrent d’abondantes récoltes. On fraya quelques misérables routes à travers les montagnes de la nouvelle colonisation de la rivière l’Assomption qui faisait de grands progrès.

Dans ces années 1850-1860, on retrouve parmi les premiers artisans, des Marion, Gaudet, Payette et Lacasse. Au cours de l’année 1857, M. Ephrem Lacasse, originaire de Saint-Alphonse-Rodriguez où son père possédait un lot qui se terminait au 6e rang Cathcart, traversait ce lot et venait s’établir dans le 6e rang de Cathcart. Il fait de la potasse avec le bois qu’il coupe et la vend à Berthier.

La rivière l’Assomption sert au transport du bois et même des hommes. Le village croît relativement vite avec 696 personnes (130 familles) dès 1877, et 1000 au début du siècle. Les Cômiens sont demeurés beaucoup plus hommes du bois qu’hommes de la terre. Leur réputation entreprenante comme celle de tous les villages des Hauts, se vérifie toujours malgré les nombreux départs des jeunes. 

Saint-Côme, paroisse canonique

Le révérend Messine Provost, alors curé de Saint-Alphonse-Rodriguez, fut chargé par Monseigneur Ignace Bourget en 1863 de fixer une place pour l’église. Le révérend délégué choisit la pointe, c’est-à-dire la pointe qui se trouve sur le lot 8e rang Cathcart au sud-ouest de la rivière l’Assomption.

On y construisit une maison qui devait servir de chapelle. Cette dernière n’a jamais servi au culte.

Durant ce temps, les "habitants" devaient se rendre à Saint-Alphonse-Rodriguez pour les baptêmes, mariages et sépultures, mais à l’été 1863, les Clercs de Saint-Viateur avaient acquis un terrain au lac de Bay et ouvraient une chapelle au public de sorte que le révérend Père Jacques desservait une grande partie de la nouvelle paroisse. Cela dura quatre ans.

La place de l’église fixée à la pointe ne répondait plus aux besoins de la population. Il fallait donc choisir un autre site pour les établissements religieux. Aussi, le révérend M. H. Moreau, chanoine et archidiacre, fut envoyé dans ce but à Saint-Côme dans la saison d’été de l’année 1866. Il jugea que les établissements religieux de la nouvelle paroisse de Saint-Côme devait être le plateau situé près de la chute à Bull. Aussi, il désigna la nouvelle place d’église en plantant une croix dans le bois sur le 25e lot du 9rang Cathcart, place actuelle des établissements religieux de la paroisse de Saint-Côme.

Le 4 octobre 1867 arrivait le premier curé de Saint-Côme; ce fut Jean-Hyacinthe St Jacques. Le 8 décembre 1867, second dimanche de l’Avent, M. le Curé St Jacques disait la première messe dans la chapelle provisoire à la Chute à Bull.

Le 15 décembre 1867, on s’organise et l’on procède à l’élection de marguilliers et sont élus :

  • Premier marguillier : Pierre Laurion
  • Deuxième marguillier : Joseph Mireault
  • Troisième marguillier : Philippe Juneau

Le 5 mai 1868, les paroissiens de la mission décident de passer une requête afin que leur mission devienne une paroisse reconnue.

Le 2 août 1868, la mission était érigée en paroisse canonique sous le vocable de Saint-Côme.

Monseigneur Bourget, au cours de sa visite pastorale en octobre 1868, y bénit le cimetière. Comme la chapelle était trop petite, on décidait de bâtir une église. On commençait les travaux le 17 mai 1886 pour les terminer le 11 novembre. Le 19 octobre 1886, le révérend Père C. Beaudry c.s.v. bénissait le nouveau temple. Il fut restauré en 1906 et en 1943; on dut y ajouter un deuxième jubé et agrandir l’ancien.

Pour les passionnés d’histoire et de généalogie, vous pouvez vous procurer le livre Saint-Côme se raconte à l’Hôtel de ville au coût de 35 $. Le livre Portraits de familles cômiennes est également disponible au coût de 50 $.

Saint-Côme et ses Maires

Historique des Maires

Saint-Côme et ses Maires

Date Nom
2013-maintenant Martin Bordeleau
 1999-2013  Jocelyn Breault
 1995-1999  Gilles Lepage
 1987-1995  Lise Perreault
 1987-1987  Cécile Baillargeon
 1983-1987  Alcide Morin
 1973-1982  Lionel Venne
 1963-1973  André Lefebvre
 1961-1963  Hildège Mireault
 1959-1961  André Lefebvre
 1957-1959  Avila Lajeunesse
 1955-1957  André Lefebvre
 1949-1955  Albert Riopel
 1945-1949  Eusèbe Marion
 1945-1945  Albert Riopel
 1941-1945  Avila Riopel
 1937-1941  Eusèbe Marion
 1935-1937  Avila Riopel
 1931-1935  Adrien Gagné
 1927-1931  Rosario Beaudry
 1923-1927  Adrien Gagné
 1923-1923  Albert Riopel
 1923-1923  Séverin Hénault
 1908-1923  Alfred Mireault
 1905-1908  Joseph Gaudet
 1902-1905  Alphonse Labine
 1899-1902  Euclide Dalphond
 1896-1899  Misäel Mireault
 1888-1896  Alphonse Labine
 1884-1888  Octave Gauthier
 1879-1884  Moïse Mireault
 1875-1879  Octave Gauthier
 1873-1875  J.B. Rocheleau
Billet de blogue

Souvenirs d'un pont oublié

Après avoir eu beaucoup de plaisir à écrire un billet de blogue portant sur le patrimoine bâti du rang des Venne, j’ai eu envie de faire des recherches sur un autre volet de notre patrimoine que j’affectionne particulièrement. Malgré le fait que ce vestige ait disparu, il n’en demeure pas moins que les anecdotes, elles, demeurent. Je veux parler du Pont couvert du rang des Venne !

Tout d’abord, à votre humble avis, pourquoi les ponts étaient-ils couverts ? Les opinions sur ce sujet divergent…

  • Certains croient que les toits étaient conçus pour offrir un abri aux voyageurs et à leurs chevaux lors d’intempéries.
  • D’autres ont émis l’hypothèse que les parois et le toit servaient à masquer les eaux turbulentes afin que les chevaux ne soient pas effrayés lors de la traversée.
  • La supposition suivante est la préférée des éternels romantiques… la tradition voulait que les amoureux se donnaient rendez-vous sous les ponts couverts, d’où leur appellation fréquente « pont des amoureux ».

Toutefois, la véritable raison de couvrir un pont est beaucoup moins empreinte de romantisme… c’était tout simplement pour en protéger la structure qui était directement exposée aux diverses intempéries offertes par nos quatre saisons. Une immense différence de longévité opposait les ponts couverts des structures non couvertes. Ces dernières se dégradaient après une quinzaine d’années tandis que les ponts couverts, eux, résistaient une cinquantaine d’années voire plus, étant donné qu’ils étaient exemptés du plus féroce ennemi des ponts de bois… la pourriture de la structure.

Technique de construction

Le pont couvert situé dans le rang des Venne a été construit en 1928 selon les techniques de la ferme Town, brevetée en 1820 par l’architecte américain Ithiel Town. Celle-ci avait la particularité d’être composée avec des madriers plutôt que des poutres. L’emploi ici du mot « ferme » ne désigne pas l’endroit de prédilection des animaux de la basse-cour mais bien plutôt un terme architectural. Pour les néophytes telles que moi, la précision vaut son pesant d’or. Elle désigne un élément d’une charpente non déformable supportant le poids de la couverture d’un édifice avec un toit à pentes.  Évidemment, dans le domaine de la construction, cet élément est beaucoup plus souvent appelé « un truss ».

Ferme Town élaborée (Merci à M. Pascal Conner pour cette magnifique photo!)

Cette technique a servi à la construction d’au moins 500 ponts couverts au Québec. Malheureusement, on ne dénombre plus qu’environ quatre-vingt ponts couverts au Québec donc si vous avez le privilège d’en apercevoir un, contemplez-le longuement en réfléchissant aux efforts incalculables passés à parachever sa construction. Je tiens à remercier M. Pascal Conner qui m’a gentiment permis d’utiliser ses photographies d’un pont couvert existant situé à Sainte-Geneviève-de-Berthier : le Pont Grandchamp ! N’hésitez pas à consulter son site Web, de magnifiques photos s’y retrouvent pour notre plus grand plaisir.

Pont Grandchamp à Sainte-Geneviève-de-Berthier 

Anecdotes du passé

Un fait demeure sans équivoque : le pont couvert a servi de cachette à plusieurs jeunes du rang et des environs. Faute de moyens financiers ou encore une astucieuse technique utilisée par les parents pour prévenir les accidents… toujours est-il que les enfants de cette époque ne détenaient pas tous une bicyclette. Il n’était donc pas rare que ces enfants empruntent les vélos des autres en prenant grand soin de pédaler seulement et uniquement sur le tablier du pont afin de ne pas être vus par leurs parents. Une piste de course de 96 pieds de longueur…

Ce fameux tablier a également servi de terrain de jeux aux jeunes adultes… Eh oui ! Le rang des Venne n’étant pas encore asphalté, plusieurs jeunes venaient y faire « crisser » leurs pneus. J’ai même eu ouï-dire que ça arrive encore de nos jours… les temps de prédilection ? Après une averse ou lors d’une légère gelée !

Aujourd’hui, quand je vois des jeunes utiliser la « côte blanche » à cette fin, je me dis que les temps n’ont pas tellement changé. Par contre, ils me permettent d’aiguiser trois de mes cinq sens… Ils utilisent leurs pneus comme des plumes d’écriture afin de laisser de magnifiques zigzags imprégnés dans l’asphalte, ils nous gratifient d’une mélodieuse musique et finalement, nous offrent un parfum très tendre de caoutchouc brûlé. C’est tout de même considérable pour une seule action ! (Sentez-vous un brin d’ironie ?)

Année marquante

L’été 1962 est sûrement bien gravé dans la mémoire des résidents de longue date. En effet, mon père m’en a parlé et plusieurs autres personnes également. Toutefois, étant un témoin oculaire de l’événement, Mme Claire Venne m’en a dressé un portrait assez complet. Elle se rappelle qu’elle et son frère Maurice se préparaient à aller cueillir des petites fraises de champs l’autre côté du pont. Durant ces jours-là, plusieurs camions transportaient du sable et ils étaient aperçus régulièrement par les jeunes cueilleurs. Lors de cette journée mémorable, deux camions sont passés l’un après l’autre. Le premier camion a traversé le pont sans embrouilles. Par la suite, le dernier camion a presque traversé le pont en direction de la Chute-à-Bull. La structure s’étant affaiblie, le tablier du pont a cédé et malencontreusement, l’arrière-train du camion s’est enfoncé dans la partie finale du pont qu’on appelle « quai ». La charge était semble-t-il trop lourde. Personne n’a heureusement été blessé mais la structure, elle, a dû être réparée. En guise de souvenir, après sa réfection, l’inscription « ÉTÉ 62 » a été gravée à la hache à l’entrée du pont. Un vestige d’histoire marqué avec les outils du temps !

Évidemment, il a fallu quelque temps pour que le pont soit complètement reconstruit. Durant cette période, le pont était inutilisable pour les voitures. Par contre, une passerelle avait été érigée afin que les passants puissent y circuler. Lors du début des classes, les enfants devaient alors traverser cette passerelle située au-dessus de l’eau afin de prendre l’autobus qui s’arrêtait de l’autre côté du pont. Mon père se souvient de ces traversées… plutôt inusitées, avouons-le !

Par la suite, le pont couvert a eu encore quelques belles années de vie, mais son existence s’est arrêtée en 1979, il a alors été démoli. C’est dommage de démolir une si magnifique structure, mais j’imagine que les raisons pratiques l’ont emporté sur les préférences esthétiques ! En 2006, les employés municipaux ont refait le tablier du pont qui avait besoin d’un peu d’amour !!!

Après en avoir tant entendu parler, il est sans équivoque que j’aurais beaucoup aimé voir de mes yeux ce fameux pont couvert. Heureusement, il existe quelques photographies immortalisant ce beau vestige, vous en trouverez quelques-unes annexées à ce billet. Elles ont été obtenues avec l’aimable autorisation du Comité Historique de Saint-Côme.

Si vous aussi vous aimez le patrimoine bâti, vous serez sans doute heureux de savoir que la MRC de la Matawinie a dressé un inventaire du patrimoine culturel et naturel de notre beau village. Plusieurs fiches sont consacrées au patrimoine bâti. Vous pouvez consulter ce document en cliquant ici.

De plus, si vous détenez des photos de ce pont et que vous souhaitez les partager, n’hésitez surtout pas ! Il me fera plaisir de les joindre à ce billet pour le plus grand bénéfice de notre lectorat.


Par Isabelle Venne

Billet de blogue

Le Rang des Venne : un joyau du patrimoine bâti

« Le moyen d’aimer une chose est de se dire qu’on pourrait la perdre. » Gilbert Keith Chesterton

Cette phrase célèbre ne prend pas son sens seulement en pensant à un être cher, elle peut également s’appliquer à une situation, à un endroit et même pourquoi pas à un rang ! Le rang des Venne est le rang de mon enfance. Comme son nom l’indique, ce sont principalement des Venne qui l’ont défriché et qui s’y sont établis avec leur famille.

Jean-Baptiste Venne fait partie des 80 premiers colons à s’être établis dans ce petit patelin qui deviendra Saint-Côme. À force de travail acharné et d’efforts incalculables, ces familles sont parvenues à se forger une existence honorable en cultivant humblement la terre et les ressources qui leur étaient offertes. La vie était dure, mais ils savaient pratiquer le contentement; valeur qui fait malheureusement souvent défaut aujourd’hui. C’était une époque différente : « le bon vieux temps » diront certains, « la misère » diront d’autres.

Anciennement appelé le 10e Rang, le rang des Venne est probablement celui où il y a le plus de vestiges du patrimoine agricole de Saint-Côme. Plusieurs granges y sont encore fièrement érigées. La plupart sont postées, bien solides, après le « détour chez Petty », mais une est située au commencement du « chemin de ligne », comme mon père avait l’habitude de l’appeler. Étant plus jeune, je me rappelle les nombreuses fois où il me décrivait ce paysage qui a beaucoup changé au fil des années. Je le revois encore faire de grands gestes pour démontrer l’étendue de champs qui s’y trouvaient, tous les lopins de terre étant alors cultivés. Il semblerait même que Mme Marie-Anne Venne Parent y faisait pousser des arachides. Je n'ai pas eu le même succès qu'elle, mais je continu à espérer.

Personnellement, ce qui me fascine le plus en parcourant le rang est vraiment son patrimoine bâti. Quel travail a dû être accompli pour construire ces magnifiques charpentes de bois que sont les granges. Elles servaient d’abri aux animaux de la ferme et évidemment d’entrepôt afin d’emmagasiner la nourriture nécessaire aux bêtes qui s’y trouvaient. Ces bâtisses ont subi de nombreuses intempéries et ont résisté à l’épreuve du temps. Aujourd’hui, elles n’ont plus la même vocation agricole qu’autrefois. Par contre, elles servent à embellir nos paysages, et ce, durant les quatre saisons.


Par Isabelle Venne

Billet de blogue

Les hivers d'antan...

Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver… – Gilles Vigneault

Considérant la rigueur de ce dernier hiver, je trouvais que ces paroles d’une chanson célèbre de M. Vigneault étaient en soi une belle introduction ! Toutefois, nous sommes privilégiés de pouvoir compter sur des équipements performants qui ne nous confinent pas à la maison trop longtemps. Il en était tout autrement dans un passé pas très lointain…

Je vous suggère d’y replonger avec moi l’espace de quelques instants !

Des heures et des heures de glissade…

Tout d’abord, à cette époque il n’y avait pas d’obligation d’installer des pneus d’hiver, donc plusieurs personnes ajoutaient des chaînes à leurs pneus d’été… ça devait créer un drôle de look ! En plus, il faut oublier les camions de sable tels que nous les connaissons aujourd’hui. Les routes étaient donc garnies d’une belle couche de glace. Évidemment, le célèbre proverbe  « Le malheur des uns fait le bonheur des autres » était des plus appropriés.

Famille Horace et Conrad Morin

En tout cas, les enfants du rang des Venne se réjouissaient de ces routes glacées. Mon père m’a raconté l’ingéniosité des enfants de M. Conrad Morin… Ils avaient ajouté des lames de patins sous leur traîneau. Cet ajout leur donnait assurément une longueur d’avance sur les traîneaux standards. Semble-t-il que du sommet de la côte blanche (1211, rang des Venne), ils pouvaient se rendre jusqu’au pont, ce qui représente une distance de plus de 850 mètres ! C’est tout de même impressionnant si on considère que la plus longue piste des glissades de Saint-Jean-de-Matha mesure 365 mètres ! Les adeptes de traînes sauvages, eux, se rendaient le plus souvent à la petite côte située devant l’adresse civique 1320. Pour les visuels, une petite promenade dans le rang des Venne s’impose !

Ce qui me fascine le plus avec cette époque, c’est de voir à quel point le contentement était mis à l’honneur ! Le samedi et les soirs de pleine lune étaient passés à glisser presque sans interruption. Certains enfants du rang mettaient à profit tout ce qu’ils avaient sous la main pour glisser, et ce, dans le but inconscient d’atteindre des records de vitesse. Eh oui, certains petits malins s’installaient sur un « hood de char » afin de dévaler le coteau situé à proximité de leur demeure ! Plaisirs garantis !

Dans la même ligne de pensée, ma collègue Kalina m’a fait part d’une tranche de sa vie. Elle a un souvenir mémorable d’un soir de glissade au clair de lune. Son oncle Marcel avait changé ses électroménagers et ils avaient tous décidé d’utiliser les grandes boîtes de carton pour glisser dans ce que nous appelions couramment « le coteau chez Bill », la côte située à proximité de la maison appartenant anciennement à M. William Petty. C’est bien pour dire que les plaisirs simples de la vie laissent des souvenirs marqués à jamais dans notre esprit.

L’envers de la médaille : le travail au bois…

Évidemment, les nombreux apports de neige apportaient également leur lot d’inconvénients. En 1959, suite à une importante tempête de neige, le chemin pour se rendre au Lac Clair était bloqué, ce qui empêchait les bûcherons de se rendre à leur travail. Toutefois, les chevaux qui étaient laissés dans une étable à proximité devaient tout de même être soignés. Mon père a creusé dans ses souvenirs et il m’a raconté que mon grand-père et son frère s’étaient attelés de leurs raquettes et étaient partis au petit matin pour s’y rendre. Ça représentait toute une promenade ! Pour les natifs de Saint-Côme, imaginez le topo : départ du rang des Venne, près de la 130e Avenue, ils ont par la suite emprunté le chemin de la Ferme jusqu’à la rivière Swaggin, longé la rivière en direction nord-ouest jusqu’au Lac Clair et traversé le Lac pour se rendre à la côte au bout de ce même lac. Rendus à destination, ils ont employé leur temps à nourrir et à abreuver les chevaux. Ils y sont restés toute la journée afin de pouvoir les nourrir de nouveau le soir. Ils ont ensuite fait le chemin du retour. Tout ça dans la même journée ! Il me semble que ça m’aurait pris une semaine, en tenant pour acquis bien sûr que je ne me perde pas durant le trajet en forêt !

Trajet effectué en raquettes pour aller soigner les chevaux...


Certains hivers étaient pourvus d’une quantité astronomique de neige, ce qui rendait le travail au bois des plus ardus. Les gens de cette époque travaillaient tellement fort pour gagner leur pitance. Durant un de ces hivers, M. Florian Venne bûchait en compagnie de son fils Bernard. Il y avait tant et tellement de neige que Bernard devait ouvrir le chemin à la pelle avant le passage du cheval. Durant la nuit, le passage devenait plus solide et le lendemain, M. Venne et son cheval pouvaient circuler avec un peu plus de facilité. Quand on y pense, c’était un travail des plus laborieux ! Faire un passage de deux pieds de largeur par approximativement la même hauteur sinon plus, et ce, durant toute la journée. Et évidemment, ce travail n’a pas été fait seulement pendant une journée, il s’est étalé sur des semaines. Que d’efforts ont été déployés par nos prédécesseurs, c’est à peine croyable pour les gens de notre génération. C’est impératif de s’attarder sur cette vie d’avant afin de nous aider à chérir la chance que nous avons actuellement d’avoir des routes bien entretenues et déneigées dans un très court délai.

Les allers retours à l’école…

Tel que mentionné au début de ce billet, les enfants appréciaient les joies des chutes de neige quand le temps était à la glissade, mais lorsqu’il s’agissait de se rendre à l’école, c’était une autre paire de manches ! Imaginez-vous avec vos petites jambes courtes, devoir marcher dans la neige jusqu’aux genoux sur 3,4 kilomètres. et ce, matin et soir… Ça semble absurde, non ? Pourtant c’était la réalité des enfants de M. Roger Morin. Ils demeuraient sur la 284e Avenue (Domaine du Nord) et se rendaient à l’école du rang des Venne tous les jours. Ça devait être vraiment ardu pour eux. Évidemment, les histoires que je connais sont celles partagées par ma famille, mais tout un chacun ayant vécu à cette époque doit se reconnaître dans cette réalité difficile qui était la leur. Je lève mon chapeau à tous ces enfants qui devaient parcourir de longues distances à pied, au froid et dans la neige. Notre réalité à nous, progéniture issue des années 1980, était tout autre et pourtant, nous trouvions parfois le moyen de nous plaindre.

En bref, ce billet sert à nous rappeler à quel point nous sommes privilégiés aujourd’hui de pouvoir bénéficier de routes aussi bien entretenues. Il est vrai que parfois, les apports de neige modifient nos allers et venues mais règle générale, nous sommes assez libres. En tout cas, je ne me souviens pas d’avoir été cloitrée à la maison durant plusieurs jours à cause de la neige. Ça doit être parce qu’il y a eu une nette amélioration entre le déneigement à l’époque de mes grands-parents et ce à quoi nous sommes habitués de nos jours. Donc, quand l’envie nous prend de critiquer le travail entourant la gestion de la neige et des intempéries, ayons une petite pensée pour nos parents et grands-parents qui ont vécu à une époque où cette réalité était tellement plus ardue et pénible. Je me propose même de pousser l’audace encore plus loin : pourquoi ne pas remercier tous ces hommes (et femmes) qui nous aident à passer un meilleur hiver en effectuant le déneigement et le sablage des routes et de nos entrées privées !

Pour ma part, je pense au printemps à partir de la fin décembre donc j’ai vraiment hâte que cet hiver laisse la place à la verdure et au temps doux. En attendant la tempête des sucres, des corneilles et des carrosses (en espérant qu’elles soient déjà passées…), je pense à mon jardin et au plaisir que j’ai à regarder pousser tous ses semis et au final, à procéder à la récolte tant espérée !

Je tiens à remercier le Comité Historique de Saint-Côme pour les photos insérées dans ce billet.


Par Isabelle Venne

Billet de blogue

La drave… portrait d’autrefois

Durant plusieurs années, certains hommes courageux de Saint-Côme ont exercé un métier difficile et dangereux. Ces hommes étaient draveurs ou raftmans !!! Après avoir lu l’excellent livre de Mme Raymonde Beaudoin, La vie dans les camps de bûcherons, je me suis dit : pourquoi ne pas écrire un billet de blogue portant sur ce sujet passionnant? Ce billet n’est pas écrit pour inciter les gens à tenter une expérience de drave à la maison (surtout pas) mais plutôt pour faire revivre cette époque révolue le temps de quelques lignes écrites sans prétention.

Mes souvenirs…

Je me rappelle étant plus jeune avoir regardé un documentaire sur la drave, probablement diffusé lors d’une émission de La Semaine Verte, émission fort prisée chez la famille Venne ! J’étais fascinée de voir ces hommes tenir en équilibre et même marcher sur ces billots flottants avec pour seul outil une perche de drave. Quel exploit tout de même ! Moi, qui suis capable de perdre pied sur un terrain très stable, je n’ose même pas penser aux nombreuses chutes que j’aurais faites…

Mais qu’est-ce que la drave ?

La drave est en fait l’ensemble des activités de manipulation des troncs d’arbres coupés en billots, effectuées dans le but de les acheminer à un endroit donné par flottaison. Au printemps, lorsque le temps se réchauffait, les rivières emportaient ce que les bûcherons avaient coupé et soigneusement entreposé sur celles-ci durant l’hiver. Évidemment, les cours d’eau ne faisaient pas tout le travail, les draveurs apportaient leur concours. Ils étaient équipés d’une perche de drave (aussi appelée un tourne-billes) et ils dirigeaient le bois vers les scieries. À l’occasion, lorsque trop de grumes étaient amoncelées à un même endroit, de la dynamite devait être employée avec précaution afin de les déloger.

Rencontre avec un draveur…

Je me suis entretenue avec M. Jean-Louis Thériault de Saint-Côme. Son père était « foreman » pour la compagnie Consolidated-Bathurst, il a commencé la drave à l’âge de 13 ans, c’était en 1936. Il ne voulait plus aller à l’école… il est donc allé travaillé avec son père et ses deux autres frères. Leur travail consistait à acheminer, à un endroit donné, ces « pitounes » de quatre pieds en dérive contrôlée. Les hommes travaillaient à partir du bord de l’eau ou dans des barges. Être draveur, c’était un métier dangereux et malgré tout, M. Thériault me disait à quel point il avait hâte que le printemps revienne pour retourner draver. Pour reprendre ses dires : « Au printemps, on avait hâte, c’était une vraie maladie ! » Le plus cocasse, c’est que tous ces hommes travaillaient toujours à proximité de l’eau et que quasi personne ne savait nager. Incroyable !

C’était donc un rendez-vous au printemps, lors de la fonte des neiges, et la drave se poursuivait jusqu’au mois de juin et parfois même juillet. Dans le cas de M. Thériault, le périple commençait à Saint-Ignace (au nord de Saint-Michel-des-Saints) et se poursuivait pendant presque 4 mois. Pensez-y, travailler en bordure de l’eau ou carrément avec de l’eau à la ceinture, et ce, jour après jour, revenir au camp vers 18h et retourner au travail à 5h le lendemain matin. Leurs pauvres pantalons n’avaient assurément pas le temps de sécher. C’étaient des hommes endurants, capables de braver les intempéries que nos printemps nous offrent.

Durant notre conversation, une interrogation me trottait dans la tête… Même si pour beaucoup de gens les questions salariales sont un véritable tabou… je me suis risquée à poser LA question.

Moi : Vous n’êtes pas obligé de répondre à toutes mes questions mais vous souvenez-vous du salaire que vous aviez ?

Thériault : Bien franchement ma p’tite fille, tu travaillais 55 heures, tu avais 55 piastres. C’était bien payé pour le temps.

Vous allez peut-être me trouver curieuse… mais moi je trouvais la question pertinente ! Intéressons-nous maintenant à une journée de travail classique à cette époque.

Journée type pour un draveur de « pitounes »

La levée du corps se faisait à 4h du matin pour la cinquantaine d’hommes habituellement présents dans ces chantiers. Ils prenaient un bon déjeuner et partaient pour leur lieu de travail à 5h. Ils effectuaient leur travail durant l’avant-midi, jusqu’à ce que le porteur de viande arrive. Et oui, un homme était désigné pour apporter le lunch du midi aux travailleurs. Il faisait également un feu pour qu’ils se réchauffent. Une heure plus tard, après avoir bien mangé et s’être enfilé une bonne grosse tasse de thé chaud, le travail reprenait de plus belle. Ils revenaient au camp vers 18h-19h. C’étaient de grosses journées éreintantes. Par contre, lorsque le vent était contre eux, ils ne pouvaient pas travailler. Ils partaient chaque matin et ne revenaient que le soir, que le vent soit bon ou mauvais.

Lorsque les campements changeaient de place, les hommes se faisaient aider de chevaux. Ils commençaient par déménager la cuisine. Ensuite, suivait le reste du campement. Ça demandait de l’organisation !

Le mythe des « beans » est enfin dévoilé !

Afin d’être capables d’accomplir un travail aussi exigeant physiquement, c’est bien entendu que les hommes devaient être bien nourris. C’est ce que m’a affirmé M. Thériault. Ils mangeaient aussi bien que dans les noces, selon ses dires. C’étaient des Morin de Saint-Côme qui s’occupaient de la « cookerie » et il semble qu’ils étaient reconnus pour leur bonne nourriture. La légende voulant que ces pauvres hommes soient uniquement alimentés de « beans » est donc fausse. Voilà, je me sens mieux.

Quelques anecdotes…

Tomber de sommeil

Les hommes effectuaient un travail difficile et très exigeant physiquement. Ils étaient donc très fatigués lorsque l’heure de tomber dans les bras de Morphée était arrivée. M. Thériault m’a raconté que leur camp était pourvu de lits à deux étages. M. Victor Payette était tellement fatigué que lorsqu’il est tombé du deuxième étage de son lit, il ne s’est même pas réveillé. C’est ce qu’on appelle « tomber de sommeil ».

Respect de l’employeur

Un soir où les hommes attendaient en groupe pour rejoindre le camp, ils se sont mis à critiquer le contremaître et à parler contre lui… tout ça en ne s’étant pas aperçus que ledit contremaître était à proximité. Sur le moment, il n’a rien dit. Toutefois, le lendemain matin, il a convoqué tous ceux qui l’avaient critiqué et les a congédiés. « Allez-vous en, vous avez assez bavassé de moi ! » Ce petit écart verbal leur a coûté leur emploi. Les syndicats n’avaient pas encore atteint leur popularité à cette époque, disons.

Fin de la drave…

Le débat entourant les dégâts causés par la flottaison des billots faisant rage depuis les années 1980, la drave a été interdite en 1995. Cette prise de conscience écologique a été motivée par les études réalisées à l’effet que l’eau était contaminée par le mercure présent dans l’écorce des résineux. Outre la pollution engendrée par cette activité, la perte en vies humaines a sûrement été le plus grand bémol à ce métier qui a, somme toutes, fortement contribué au développement général de nos régions.

Donc, je lève mon chapeau bien haut à tous ces hommes qui ont travaillé d’arrache-pied à l’essor économique de nos campagnes. Ces précurseurs nous ont pavé la voie afin que la nôtre soit plus aisée et recouverte de moins d’embûches que la leur !

P.S. Si vous désirez en apprendre davantage sur l’histoire de la drave à Saint-Côme, n’hésitez pas à vous rendre au Parc Régional de la Chute-à-Bull où des aires d’interprétation sont aménagées pour votre bénéfice.

Un énorme merci à M. Thériault d’avoir accepté de partager ses souvenirs avec moi. L’écouter était un réel plaisir ! Je tiens à remercier également le Comité Historique de Saint-Côme pour les photos insérées dans ce billet.


Par Isabelle Venne

Billet de blogue

En route vers le Temps des Sucres

Je suis certaine que je ne suis pas la seule à aimer particulièrement cette période de l’année que nous appelons « le Temps des Sucres ». Après une longue phase d’hibernation, la nature se réveille enfin pour le plaisir de tous les amateurs du renouveau printanier et des délices sucrés.

Eau d’érable : merveille printanière !

Ahhh ! le printemps ! Probablement ma saison préférée ! Les températures augmentent, la neige commence à fondre et l’eau d’érable monte sous l’écorce de l’arbre afin de fournir l’énergie nécessaire pour relancer son métabolisme. Le Temps des Sucres ne peut être défini par des dates précises, toutefois il est caractérisé par des nuits de gel suivies par des jours de dégel. Idéalement, les journées ensoleillées détenant une température positive sont plus propices à une bonne coulée d’eau d’érable. Ce liquide translucide est composé à environ 98 % d’eau (d’où son nom très approprié…) et 2 % de sucres. Elle contient également, en infimes quantités, des acides organiques, des minéraux, des protéines et d’autres éléments comme des arômes.

Au printemps, les érables à sucre sont entaillés et un chalumeau est inséré dans l’incision laissée par la perceuse (quand j’étais jeune, mon père utilisait un vilebrequin. On dirait, par l’utilisation de cette tournure de phrase que j’ai 95 ans, mais non ! Du haut de mes 33 ans, j’affirme haut et fort que le temps passe vite). L’eau d’érable est alors récoltée à l’aide de chaudières ou par l’intermédiaire de tubulures. Évidemment, les acériculteurs chevronnés utilisent sûrement des moyens plus efficaces afin de parvenir à un résultat commercial, mais cet article est consacré à la version artisanale de cet art. Votre indulgence est donc requise quant aux termes utilisés.

Lorsque l’eau d’érable est recueillie, elle est portée au point d’ébullition. Elle devra bouillir jusqu’à ce que la teneur en sucre soit rendue à 66 degrés Brix (afin de permettre une conservation optimale du sirop pendant sa période d’entreposage). Le degré Brix est le poids en grammes de matières sèches contenues dans 100 grammes d’une solution dans de l’eau distillée.

Chaque litre de sirop produit aura nécessité entre 30 et 40 litres d’eau d’érable, dépendamment de sa teneur originale en sucre. La meilleure eau d’érable est celle qui contient la plus haute teneur en sucre, elle est souvent récoltée en fin de saison. Un seul arbre vous donnera en moyenne entre 35 à 38 litres d’eau d’érable. Le Temps des Sucres prend fin lorsque la sève commence à se mêler à l’eau d’érable, lui donnant ainsi un aspect trouble et blanchâtre et altérant son goût.

Histoires de familles…

Évidemment, plusieurs familles de Saint-Côme prennent plaisir à faire du sirop d’érable de façon artisanale. Mon père m’a souvent mentionné que son oncle Jean était réputé pour faire de l’excellent sirop d’érable. Il semblerait même qu’il en vendait, preuve que le produit était apprécié ! Kalina, sa petite-fille, corrobore ces dires. Ce dernier avait appris les techniques acéricoles de son père Joseph. À cette époque, l’eau d’érable était ramassée de façon plus ancestrale. Un tonneau en bois était attaché sur un traîneau qui lui, était tiré par un cheval. Mon oncle Jean considérait l’eau d’érable comme un liquide très précieux, il disait à ses petits-enfants : « Ne remplissez pas trop les chaudières, vous ferez deux voyages à la place ! ». Lorsque Kalina me parle de cette époque, il est évident qu’elle en conserve de très bons souvenirs. Ses yeux deviennent grands et brillants, probablement comme ceux de mon oncle Jean lorsqu’il voyait l’eau d’érable couler à flots dans ses chaudières au printemps.

Souvenirs d’enfance de Marie-Pier…

Dans le sud de la région, où il reste encore des parcelles de campagne, mes souvenirs de jeunesse du printemps sont les rigoles dans le chemin de terre, les ventres de bœuf, l’odeur de la fumée et bien sûr, le Temps des Sucres.

Tout était 100 % artisanal. Mon père se promenait en motoneige sur notre terrain afin d’entailler les érables et d’y apposer les chaudières le plus rapidement possible; avant que la rivière monte et que les plus gros érables soient inaccessibles à cause de la crue des eaux. Ensuite, venaient les allers-retours avec les chaudières de 5 litres remplies d’eau qu’on faisait bouillir sans arrêt dans un plus gros chaudron sur un feu de camp.

C’est clairement la méthode qui faisait en sorte que le sirop avait si bon goût. Comme quoi ce n’est pas nécessaire d’être grandement équipés pour produire du bon sirop ! Le moment le plus magique demeure la dégustation; pour savoir si le doux liquide était prêt à être embouteillé !

Souvenirs d’enfance d’Isabelle…

De mon côté, mes souvenirs d’enfance sont scindés en deux périodes… lorsque j’avais 7 ou 8 ans et actuellement. Je nous revois encore entassés comme des sardines dans la petite cabane en bois où la bouilloire prenait facilement plus d’espace que nous tous réunis (imaginez 10 à 12 individus dans cette minuscule cabane...). Il faisait chaud comme sous le soleil des tropiques et l’air était chargé de gouttelettes humides. On s’y concoctait un traditionnel « souper de cabane » et c’était l’occasion idéale d’inviter la famille de ma mère. Ce sont assurément de bons souvenirs gravés pour longtemps dans ma mémoire. 

Par la suite, mon père a vendu la bouilloire et nous avons accroché nos chalumeaux pour quelques années. Jusqu’à ce que mon frère, devenu adulte, décide de recommencer la tradition. Tel que précédemment mentionné, nous n’avons plus de bouilloire, mais en hommes débrouillards qu’ils sont, mon père et mon frère ont « patenté » un attirail qui fonctionne à merveille. Évidemment pas pour une production commerciale, mais parfaite pour une production « juste pour le plaisir ». Mon père est briqueteur de métier, donc il a été très aisé pour lui de fabriquer ce foyer où l’eau d’érable est bouillie dans un grand récipient de fonte. C’est archaïque vous me direz et vous aurez raison ! Toutefois, nous prenons beaucoup de plaisir à nous entasser autour de cet amas de pierres pour discuter et attendre patiemment que l’eau d’érable se change en « réduit » et ensuite en ce précieux liquide qu’est le sirop d’érable.

Une activité à faire…

Saint-Côme regorge d’activités de toutes sortes, toutefois, nous n’y retrouvons pas de cabanes à sucre commerciales. Mais si vous possédez quelques érables à sucre, vous possédez également une belle richesse. Il est vrai que procéder à cette activité requiert du temps et des efforts, mais vous serai surpris des bienfaits rassembleurs qu’elle apportera à votre famille ! Elle vous permettra de prendre le temps de « prendre le temps », activité que nous ne faisons manifestement pas assez souvent !!!


Par Isabelle Venne